Débats

Où sont les fêtes des saints? «Jusques à quand, Seigneur, Jusques à quand?»

Devise:

«...et il opprimera les saints du Très-Haut et il méditera changer les fêtes et la loi...»

Daniel, 7/ 25

«...Il était écrit par le prophète Daniel que le pouvoir du peuple saint sera anéanti, et les hommes de l’église d’aujourd’hui ne pensent point retourner leur visage vers les parents, et tournent les parents vers eux, pour que Je ne vienne pas frapper d’anathème l’infamie et ses fils. Le jeûne d’avant la fête des Apôtres n’existe plus, car les hommes ont osé de changer les temps; tel que la prophétie l’avait annoncée. Oh, ce n’est pas possible que cette infamie reste sur l’église. Jusqu’à quand, oh, jusqu’à quand serait-ce possible? Je crie avec la voix des saints, et les saints crient au-dessus de la terre par Ma parole: „Jusqu’à quand? Jusqu’à quand donc?“. J’ai autrement mesuré le temps pour l’homme, J’ai dit un soir et un matin, la mesure d’un jour, mais les hommes ont détruit Ma mesure. Oh, où sont les fêtes des saints? Jusques à quand cette infamie?

Oh, peuple roumain, tu n’as plus voulu être Romain en vérité, tu ne l’as plus voulu. Où sont tes jours de fêtes célestes sur ta terre? Pourquoi, Mon fils, t’es tu laissé enchanté? Pourquoi Mon fils, as-tu été indifférent? Pourquoi, Mon fils n’est tu plus chrétien, chrétien pour de vrai? Soixante-dix années se sont écoulées depuis que tu as perverti ta croyance ancestrale, et après soixante-dix années Je suis venu rétablir les fêtes célestes sur la terre et Je t’ai annoncé, Mon fils, qu’il faut que tu retournes ton visage vers les ancêtres saints, qui crient vers Moi: „Seigneur, jusques à quand?“. Je veux te pardonner, mon peuple roumain, car tu es Mon peuple chez lequel je viens pour Mon deuxième avènement. Je veux faire la paix avec toi, te pardonner pour ce péché que tu as commis contre Mes saints et les tiens, contre les ancêtres, Mon fils. Amen. Fais attention à ce que Je te dis: à l’occasion de tes grandes fêtes, les grands qui te conduisent accordent grâce à beaucoup de coupables, qui ont transgressé la loi. C’est ainsi que Je veux faire, Moi aussi, à l’occasion de Mes fêtes, Je veux te pardonner, Mon peuple roumain. Je t’ordonne, ordre céleste: retourne ton visage vers les parents et remets à leur place les fêtes de Mes saints, puisque J’ai mis au milieu de toi, nouveau debout et pierre de mémoire, de réconciliation avec le ciel, et toi, tu n’as pas la sagesse de comprendre Mes temps et leur accomplissement.

Que reviennent les quatre temps de jeûne, tels que les parents ont laissés. Amen. Sois Roumain, peuple roumain, Sois Roumain, Mon fils, sois chrétien, fils roumain. Amen. Le rouleau des jours tombés de ton compte se présentent devant Moi, témoignant contre toi, car peuple étranger t’a trompé et tu n’as pas veillé pour Moi. Moi Je viens en parole vers toi et Je dis: retourne et sois peuple vrai devant Moi! Il n’y a pas eu d’autre peuple frappé plus que toi dans sa foi, dans sa sainte loi, aucun plus frappé que toi. Oh, il n’est pas bon que tu dors! Veille, Mon fils, veille désormais, à fin qu’ils ne reviennent plus les voleurs d’âme et qu’ils vendent ton âme, au temps où tu ne veilles pas.

Voilà qu’il est venu le temps que Je te pardonne, pays à Epoux et mariée...»

Extrait de la Parole de Dieu, du 15/28 nov. 1997

Reporter: Je sais que vous êtes la deuxième personne aux études supérieures qui, après l’évêque Irineu Bistriteanul, témoignent ouvertement le mystère de la Nouvelle Jérusalem de Pucioasa. Nous vous prions de faire pour nous un résumé de l’histoire de notre vieux calendrier roumain, abandonné par l’Eglise Orthodoxe Roumaine, en 1924.

Daniela Catana (théologue): Notre vieux calendrier a été établi par le philosophe Sosigene d’Alexandrie, en 44 avant Jésus Christ, à l’ordre de l’Empereur de Rome, Jules César, c’est pourquoi on l’a nommé calendrier Julien. Il a été à la base de notre calendrier ecclésiastique, œuvre des astronomes alexandrins.

Le calendrier Julien était en retard par rapport à celui astronomique à un jour et une nuit, une fois à trois centaines d’années, mais cela n’a pas empêché le travail des sages alexandrins, qui ne l’ont pas abandonné, mais ils ont utilisé adroitement ses erreurs pour une concordance stable avec l’année lunaire, année qui constitue la base de notre vieille Pascalia. (Pascalia est un tableau chronologique qui comprend la date des Pâques pour une longue durée de temps. L’année lunaire s’est montrée liée à celle julienne, un retard de l’un vis-à-vis de l’autre étant impossible, puisque l’équinoxe de printemps tarde également dans les deux chronologies. N’importe qui peut constater, en analysant une Pascalia et un bréviaire de l’arrière grand-mère, que les lunes pleines pascales tombent précisément aux dates indiquée par le calendrier Julien, mais ne coïncident pas avec celles du calendrier catholique. L’église occidentale a respecté le même calendrier que celle orientale jusqu’en 1582, lorsque le Pape Grégoire XIII le reforme, dérouté par le retard de l’an solaire vis-à-vis de celui Julien à dix jours, et déplace les jours de l’équinoxe avec le même nombre de jours.

Les saints parents de Niceea se sont conformés à la solution proposée par les sages alexandrins, instituant les lois de la fixation de la date des Pâques, c'est-à-dire : le premier Dimanche après la lune pleine, qui suit à l’équinoxe de printemps.

Reporter: J’entends donc que notre vieux calendrier ecclésiastique d’avant 1924 a été le même que celui de Niceea, par lequel les Saintes Parents ont établi pour toute la chrétienneté une Pascalia perpétuelle.

D.C: Oui, en effet, c’est le même calendrier ecclésiastique, ayant à la base les rigoureux canons apostoliques ; c’est le même calendrier sur lequel a merveilleusement mûri une histoire roumaine de sacrifices et de victoires, menée par les saints voïvodes et prélats. Ceux-ci n’ont jamais pensé de „corriger“ les fêtes chrétiennes, pas même d’une seule seconde, sans parler de treize jours, tel que l’on fait les antéchrists du siècle, après de savantes mensonges astronomiques. Et même lorsque la différence était de dix jours, du temps où le Pape Grégoire XIII revoyait son calendrier, pas un seul patriarche oriental n’a pas été tenté de le faire, d’autant plus qu’à cette époque ils étaient tous fortement animés par un puissant zèle apostolique de ramasser dans de grands traités de témoignage orthodoxe, les vérités de foi qui se différenciaient irrévocablement de l’enseignement catholique. Mais il a fallu qu’en 1924 s’accomplissent les Ecritures du prophète Daniel: «les hommes ont osé de changer les temps» (Daniel, 7/25).

Reporter: Qui est-ce qui a déterminé le Métropolite primate de l’époque, Miron Cristea, à négliger ces restrictions canoniques et imposer un autre calendrier?

D.C.: Au début du XXe siècle, et surtout dans les années ’20 en Grèce et à la Patriarchie Œcuménique de Constantinople ont apparu de puissants courants sécularistes, parmi lesquels il y avait aussi l’intention d’introduction abusive du calendrier grégorien (catholique). Cela répondait très bien aux besoins du monde moderne, pour les affaires, les échanges de capital et d’autres activités laïques, mais du point de vue liturgique cela était inutile et même nocif, puisqu’il était impossible de réconcilier le calendrier grégorien avec notre Pascalia orthodoxe. A la suite d’un congrès „panorthodoxe“, réuni en 1923 à Constantinople, Le patriarche de l’époque, Meletie, propose l’acceptation du calendrier Julien „revu“, calandrier qui coïncidait avec celui catholique, pour une durée de jusqu’à l’année 2800, et qui «permettait d’être célébrées toutes les fêtes en même temps avec ceux qui appartenaient à d’autres confessions».

L’abandon de la Pascalia Julienne plaçait ce congrès sous la punition canonique la plus dure: «tous ceux qui osent à délier la décision du Saint et Grand Synode réuni à Niceea pour la Sainte fête de Pâques, qu’ils ne reçoivent plus la communion et, s’ils persistent de s’opposer aux préceptes bien dogmatisés, qu’ils soient anathématisés» (Pidalion).

Le premier qui s’est dépêché consciencieusement d’appliquer ces conseils proposés, mais non pas imposés aux patriarches orientaux, a été Miron Cristea. Dans le livre pastorale envoyé aux églises en 1924, il soulignait le besoin de la „correction“ du calendrier ecclésiastique à cause de l’erreur de treize jours par rapport à celui astronomique: «Et si nous laissions cette faute sans correction pour beaucoup, beaucoup des siècles, alors on pourrait arriver à un retard de cent trente jours».

Et voilà de quelle façon toute les inquiétudes qui n’ont pas atteint, durant deux siècles tant des patriarches orientaux, arrivent à accabler ce prélat de triste mémoire, qui prend la décision de décapiter son église des saintes fêtes traditionnelles: «...Les évêques et l’élite de notre église roumaine sont tombés d’accord avec les prélats de toutes les églises orthodoxes, ainsi que le Patriarche de Constantinople, puis l’Eglise de Grèce, ont introduit dans leur église la correction depuis le 10 mars déjà, les Serbes font la correction en octobre (mais ceux-ci, heureusement n’ont plus modifié leur calendrier, n.a.), et les Bulgares procéderont de même que nous (oui, mais seulement en 1968!, n.a.)».

C’est de cette manière que roulaient les mensonges au-dessus des têtes des pauvres chrétiens. Le fait c’est que ni la Patriarchie Russe, ni celle de Jérusalem, ou du Mont dès lors celui de l’orthodoxie, Athos, n’ont pas changé le calendrier, gardant les fêtes célestes selon le vieux calendrier.

Donc, les lieux consacrées comme les plus saints foyers de pèlerinage de toute la chrétienté ont gardé le trésor des fêtes célestes selon le vieux calendrier sans le proteste des autres malheureux patriarches, soulignant ainsi le plus profond schisme de l’église orthodoxe.

Il est terrible de constater comment ce métropolite désireux d’avoir le diplôme patriarcal, qu’il recevra l’année suivante du siège de Constantinople, d’où lui vient d’ailleurs l’égarement, passe comme un renié sur le saint effort et les offrandes culturelles faites par les voïvodes roumains, le long des siècles. On connaît leur générosité, d’avoir consacré de leur peu et de leur surplus aux autels de Jérusalem et d’Athos, illustrant le crédo des grands prélats chrétiens: „Tout pour le Christ“.

Et pour que le „théâtre“ soit complet, nous citons le dernier argument „forte“ de la nommé carte pastorale: «Depuis ce moment, après avoir fait cette correction c’est seulement après quarante mille ans que nous devrons encore sauter un jour pour rester redevables de l’année naturelle». Autrement dit, ce que les parents de Niceea n’ont pas réussi de prévoir, il y a mille six cents ans fêtés le septième Dimanche après les Pâques, a „sauvé“ à la fin du monde, un synode d’antéchrists, pour quarante mille d’années de néant.

Et le rire a tourné en pleurs.

Tout commentaire est inutile...

A consigné Irina Tone

Article pris du journal „R.D.“, le 10 juin 1998

Reporter: Reprenons le fil de notre sujet sur la reforme du calendrier, abandonné en 1924 par l’Eglise Orthodoxe Roumaine. Vous croyez que ce thème (calendrier Julien/ Calendrier Grégorien) peut être encore aujourd’hui une notion vitale?

D.C.: Oui. Considérant l’état du monde roumain d’aujourd’hui grièvement avarié par l’invasion des modèles antichrétiens, il est difficile à croire que le thème du calendrier ecclésiastique pourrait encore intéresser quelques-uns, sinon de point de vue informationnel ou culturel, d’autant plus que l’EOR ne pense pas du tout «se retourner vers les parents et tourner les parents vers eux» (Malachie, 3/23-24).

Or, il faut que l’on comprend que depuis plus de soixante–dix ans ce peuple n’a plus de fêtes (Noël, Epiphane, Annonciation….) que sur le papier; c'est-à-dire que ces fêtes sont décalée de treize jours par rapport à la réalité céleste. C’est vraiment douloureux et anormale de fêter une personne aimée avec deux semaines d’avance, en son absence, et lorsqu’elle viendrait annonçant son anniversaire, ou ne la prendrait pas au sérieux, motivant qu’on a autre chose à faire, ou même qu’il y a quelqu’un d’autre à fêter.

Après ce siècle dévastateur, les Roumains doivent être de nouveau re-alphabétisés dans l’ordre chrétien, au sens propre du terme, en commençant avec le signe de la croix, le temps de la fête, le temps du jeûne, la confession, la communion et, jusqu’à la dernière lettre, l’immortalité ou l’in corruption du corps et de l’esprit.

Mais voilà que le bon Maître n’a pas tardé de venir devant ce peuple avec tout Son enseignement (pas seulement avec l’alphabet ) lui rendant la grandeur d’antan et le préparant pour une splendeur sept fois plus grande pour ceux qui vont assaillir la porte roumaine, pour passer dans le royaume de la jeunesse sans vieillesse et de la vie sans mort.

Revenant au problème du calendrier, même si l’Institution de l’Eglise couvre ce problème par toute une série d’anathèmes et obstructions anti-canoniques, pourtant la voix de Dieu au dessus de la Nouvelle Jérusalem, découvre toute la vérité et nous la restitue tendrement pour la guérison de ce pays tant aimé et glorifier là-bas, à Pucioasa: «Car l’église qui porte Mon Nom, l’orthodoxie que J’ai nommée deux mille ans « Ma mariée » a quittée son Dieu….Puisqu’il n’y a pas eu depuis deux mille ans un plus grand schisme dans Mon église que celui d’il y a soixante–dix ans, lorsqu’elle s’est accomplie l’Ecriture qui dit: „Ils oseront de changer même les temps“».

C‘est ainsi que, la Parole divine juge cette page d’histoire néfaste par les attributs les plus graves, le plus grand schisme, reniement de l’orthodoxie reçue des parents. En faveur de cette vérité, le père Patric Ranson, membre de la Fraternité Orthodoxe „Saint Grégoire de Palama“ de Paris: «Il n’est pas possible de séparer aujourd’hui le problème du calendrier de celui de l’œcuménisme. Le calendrier a été changé seulement pour faciliter le rapprochement des hétérodoxes (ceux qui appartiennent à d’autre confessions) et non pas pour motifs astronomiques ou pour motifs de commodité. Il n’y a rien qui nous arrête d’avoir un calendrier civile pour les nécessités de la vie quotidienne. Toute comme Constantinople a été conquis au XVe siècle par une petite porte laissée ouverte dans le mur de la cité, nous pourrons dire aujourd’hui que c’est ce calendrier même, la petite porte qui a permis aux pouvoirs occultes de s’emparer de la patriarchie de Constantinople. On sait aujourd’hui avec certitude que Meletios Metaxakis, qui a décidé le changement, et le patriarche Athénagora, qui l’a imposé, appartenaient à ces pouvoirs occultes». Autrement dit le but souterrain était que l’Eglise Orthodoxe soit mise à la table des autre confessions comme une branche seulement, parmi beaucoup d’autres, selon la soit disant théorie protestante des branches: «l’Eglise du Christ n’existe nulle part; l’orthodoxie n’est qu’une branche de celle-ci, parmi beaucoup d’autres».

Voilà comment, par l’acceptation du calendrier grégorien, tant des patriarchies orientales ont vendu leur droit de „premier né“ pour une „bouille œcuménique“, rendant inutile tout l’engagement du Synodikon de l’orthodoxie: «Tout comme les Prophètes ont vu, tout comme les Apôtres ont prêché, tout comme les Parents ont dogmatisé, tout comme l’Eglise a reçu, tout aussi nous croyons et enseignons aux autres».

Lorsqu’ à l’autel orthodoxe de Bethleem frémit la joie de la veille de Noël, dans notre pays, tout se tait, les âmes rassasiées de manger, de boire, des Noëls, et on sait que c’est l’Epiphanie. C’est comme ça que les jours s’écoulent et les Saints n’ont plus de place sur cette terre sainte!

Mais pour les grands de ce temps-là, responsables pour ce reniement, la Parole transmise par Dieu à Pucioasa prononce un jugement, auquel ils répondront pour tant de monde qu’ils ont mené aux ténèbres.

Reporter: Et pourtant, la date des Pâques est la même pour tout l’Orient. Serait-il possible un compromis entre cette date et le reste des fêtes à date fixe, selon le calendrier grégorien, tel que le fait le calendrier de l’Eglise Orthodoxe Roumaine?

D.C.: Dans l’idée de sauver l’unité de l’orthodoxie, on a décidé qu’au moins la date des Pâques avec tout le temps pascal jusqu’à la Trinité soit commune pour toutes les patriarchies orientales. Cela s’est montré au-delà de leur possible d’écraser le jour de la Résurrection du Seigneur, d’autant plus que tout le monde sait qu’Il se manifeste d’une façon surnaturelle à Jérusalem, dans le samedi des Pâques Orthodoxes, par la descente merveilleuse de la Sainte Lumière marquant ainsi du haut, du ciel, la vraie fête, implicitement le vrai calendrier (celui Julien), la vraie foi, celle orthodoxe. (Cette merveille, n’a pas lieu à la date des Pâques catholiques aussi!).

D’autre part, ce compromis fait par le calendrier réformé, de mettre d’accord la vieille Pascalia avec le calendrier catholique, a conduit à des conséquences inadmissibles dans la vie de l’Eglise, c'est-à-dire: la rupture du cycle liturgique des fêtes, en fêtes des Pâques et en fêtes à date fixe, tenues selon la mode occidentale par la partie schismatique de l’Eglise Orientale. La deuxième conséquence aberrante, nous allons voir, tout simplement l’ordre du jeûne des saints Apôtres Pierre et Paul, puisqu’ alors que les Pâques tombent entre le 20 et le 25 avril (calendrier Julien), le jeûne des Saints Apôtres est supprimé. Cette injustice est démasquée par la Parole de Dieu aussi: «Car voilà, le jeûne des Saints Apôtres selon le calendrier grégorien est de trois, quatre jours, pendant que selon le calendrier roumain est de deux, trois semaines ». Mais si ces scrupules théologiques sonnent „en vain“ dans une église ruinée par un temps d’apostasie, temps du reniement de la foi, qu’est-ce qu’on pourrait attendre d’un troupeau déchirée par les loups?

Dans son célèbre livre „Les traditions et les croyances des Roumains“, Elena Voronca recueillait la sagesse des paysans d’il y a cent ans, paysans qui savaient tous que la fin du monde sera dans l’an 2000, et prélisaient encore que l’un des quatre piliers de l’Eglise sera détruit!… Voilà venu ce temps!!!

Reporter: Et comment les chrétiens du temps ont reçu le nouveau calendrier?

D.C.: Le changement de place des fêtes ecclésiastiques a produit discorde et dissensions tout d’abord à l’intérieur de l’Eglise. En Grèce, par exemple, un grand nombre des chrétiens ont refusé le nouveau calendrier. L’Etat les a persécutés violemment, toute comme l’Eglise officielle d’ailleurs, qui leur a pris les lieux de culte et ont demandé l’arrestation des prêtres fidèles au vieux calendrier. C’est alors qu’ils s’est passé une grande merveille à la fête de la Croix, que ces chrétiens voulaient célébrer à la date traditionnelle, ce que leur avait été interdit. En 1925, à la veille de la fête de la Croix glorieuse du Seigneur, le service des vêpres a été célébré à l’église „Saint Jean le Théologue“, située près d’Athènes. A 9 heures du soir, dans l’église et autour d’elle se trouvaient plus de deux mille chrétiens, car il y avait très peu d’églises ouvertes par les autorités. A 23.30 heures, sur le ciel, au dessus de l’église, commença à prendre contour une croix lumineuse brillant très fort. «La lumière qui émanait de la croix n’a pas seulement illuminé l’église, mais ses rayons ont fait pâlir les étoiles du ciel sans nuages, et la cour de l’église s’est remplie d’une lumière palpable. La croix avait une forme byzantine, la barre d’en bas inclinée. Après quelque temps la croix a commencé à s’élever doucement, verticalement, ainsi que le prêtre élève la croix au cours de la cérémonie de l’Ascension de la Croix dans l’église. Après s’être élevé doucement vers le haut, la croix a disparu peu à peu. Les soldats qui étaient venus pour arrêter les chrétiens ont été frappés de stupeur et quelques-uns d’entre eux voyant ce miracle sont entrés dans la vie monacale...» (Relation des témoins oculaires).

Dans notre pays, en commençant de 1924 et jusqu’en 1989, la Police arrivait d’habitude au temps des services religieux à l’intention d’arrêter le prêtre, ce qui provoquait des conflits soldés avec des morts et des blessés, puisque les chrétiens essayaient de défendre leurs prêtres. Vers 1940 les autorités avaient détruit toutes les églises qui respectaient le calendrier julien. Mais aux années ’50 environ elles ont été presque toutes rétablies. Le plus important a été le Monastère de Slatioara, qui sert à présent de centre spiritual et administratif de l’église du vieux style (respectant le calendrier julien). En 1955 un évêque de l’église officielle, ancien secrétaire du Synode, Galaction Cordun, après une confession publique s’est retourné vers le calendrier des Parents. En désirant la réglementation de leur situation, ces chrétiens ont été affiliés en 1979 au Synode des calendriers de Grèce, conduit alors par le métropolite Kallistos.

L’évêque Galaction s’est occupé à ordonner des prêtres et à consacrer des évêques comme: Evloghie, Meftodie, Glicherie. L’évêque Evloghie Ota a reconnu la vierge Virginia de Pucioasa comme porteuse d’une grande mission, par laquelle notre Seigneur allait annoncer et préparer la gloire de Sa venue sur la terre.

Reporter: Et aujourd’hui, quelle est la position officielle de l’E.O.R. vis-à-vis des Roumains qui continuent à respecter les fêtes selon le vieux calendrier?

D.C.: : Ils sont qualifiés comme stylistes ou plus gravement, incriminés comme mouvement schismatique ou errétique. Mais ce sont plutôt des manières tortionnaires, héritées des temps rouges, que la droite inclination vers la vérité. Car, en citant le père Patric Ranson, nous pourrons dire: «ce n’est pas possible de donner une valeur relative à la foi. Notre foi ne se discute pas; elle s’affirme. Elle n’est pas notre propriété; elle a été révélée et elle est absolue». Nous pourrions dire la même chose aujourd’hui; notre loi roumaine ne se bougonne pas, mais elle doit être vécue et affirmée par la sainteté.

Mais que dire encore de nos confesseurs et théologues, les plus recherchés, qui même à présent, par ce temps de ténèbres, „arrêtent au filtre les monastique et engloutissent le chameau“, soutenant déraisonnablement que ce n’est pas l’église qui fait le calendrier, mais ce sont les spécialistes astronomes qui le construisent?! Ils n’ont rien entendu des doctorats sur le sens eschatologique du temps, à savoir que l’Univers a tout le temps préfiguré en soi, depuis la Création: «et il y a eu un soir, et il y a eu un matin, le premier jour… et il y a eu un soir, et il y a eu un matin, le deuxième jour...». Voilà la mesure de la Création ! Et celui–ci est un temps sacré, liturgique, un temps de la rédemption, de la plénitude totale, duquel on ne peut rien enlevé, pas même une petite partie de seconde, mais on peut en échange retrancher «leur part de l’arbre de la vie et de la cité sainte, décrites dans ce livre» (Ap., 22/19) s’ils ne remettent par le calendrier tel qu’ils l’ont hérité !!!

Mais voilà que notre Seigneur, après soixante-dix ans, remet explicitement les Fêtes d’autan, dans le document du Monastère la Nouvelle Jérusalem, par son archevêque: «qu’on respecte la loi canonique, ecclésiastique, selon l’ancien calendrier roumain orthodoxe».

Reporter: Et comment les paysans, les chrétiens du temps ont reçu cette réforme?

D.C.: Pour que les lecteurs comprennent qu’il ne s’agit pas seulement d’une action arithmétique sur une série de chiffres, dont on a enlevé treize jours, mais d’un ordre cosmique impliqué, je vais vous donner quelques citations de la merveilleuse sagesse des chrétiens de ce temps-là, puisque les réactions des plus courageuses et dramatiques sont venues du milieu du village roumain. Et cela parce que ce que les doctes du temps ont refusé de défendre, enchantés par les courants occidentaux, ce sont les paysans qui l’ont fait, les verres d’huile vides, comme les vrais témoins de la vraie foi, dans la crainte de Dieu.

Voilà, par exemple, ce que l’ethnologue Ernest Bernea consignait dans son essai „Le temps chez les Roumains“ (1941): «Là où le paysan a refusé d’entrer encore dans l’église, là où le prêtre a été battu, là où l’entière vie spirituelle du village s’est brisée, là –bas, il ne s’agit plus d’un fait divers, pas même d’un fait politique, tant fort qu’il pourrait être. Et si à la suite de la reforme du calendrier est apparu le stylisme comme une nouvelle secte, si les hommes ont laissé pousser leurs barbes et ils ont commencé une autre vie en dehors de la communauté spirituelle de l’Eglise nationale, on peut comprendre qu’il s’est passé quelque chose de très profond, que les tourments ont été douloureuses et spirituels».

Nous citons de leurs réponses, extraites du même essai: «Voilà déjà les gens pervertis. Depuis que ça marche, le nouveau style, Dieu a tourné Sa face de nous et Il ne nous donne plus de pluie…. Autrefois le blé était tout un épi».*

«Je ne cède pas, même s’ils me tuent. Qu’ils prennent le couteau et me tuent, je ne cède pas. Je tiens ce que j’ai reçu des parents. Je respecte la loi chrétienne.»

Il y avait quelques uns qui distinguaient le calendrier civile de celui traditionnel: «laisse le calendrier aller comme ils veulent, mais les jours, qu’ils soient comme le Christ, notre Seigneur, les a laissés».

Voilà donc que ce que les théologues considèrent attitude rétrograde, était en fait de la sagesse d’esprit et un profonde compréhension: «Moi, je crois dans la Sainte Croix, dans l’Evangile je crois, mais dans l’étoile, non. Comment pourrions-nous croire dans la loi diabolique (le nouveau calendrier-nouveau style - n.a.) et non pas dans la loi du Christ?».

Le paysan chrétien a tout compris, comme un saint! Il a compris que «au début il y a eu la sagesse et ensuite s’est fait la lumière, et après que Dieu a fait le ciel et la terre, le quatrième jour, Il a fait le soleil et la lune, les luminaires du jour et de la nuit» (Extrait de la Parole de Dieu, le 27mai/9 juin 1994).

Nombreux sont ceux qui ont prédit l’observation des fêtes selon le calendrier grégorien comme porteuse de maladies, de sécheresse, de disette, fait confirmé par les soixante-dix années de malheurs, qui nous ont traumatisé spirituellement plus que nous ne l’avons jamais été depuis que notre nation existe et «depuis plus de 70 années les Romains se détruisent la vie l’un à l’autre, les frères se donnent la mort et ils sont méchants, même les pauvres» (Extrait du Livre La Parole de Dieu, le 15/28 nov. 1997).

Voilà aussi d’autres arguments éloquents, très profonds: «Peut-on changer le calendrier tant qu’on veut, mais les jours restent à leurs places...», ou, comme dirait saint Maxim Marturisitorul: «Dieu a le temps en Lui» (pas dans les poches des astronomes).

«Le calendrier Julien est le bon, les arbres verdissent et fleurissent à leur temps, ne veulent pas le faire avant ; le coucou chante selon le vieux calendrier, avant on ne l’entend pas. Et ce coucou n’a pas été à l’école, et comme on voit, il comprend; on voit que c’est Dieu Qui lui donne l’entendement…. Mais que faire, nous devons tenir compte du nouveau calendrier aussi… Que tu veuille ou pas, attèle et va!»

«Quand une fête arrive, Dieu donne des signes à l’homme, seulement celui qui n’a pas la foi, ne le voit pas, car l’homme est pécheur». Ou «Que ferons nous sans calendrier? C’est le calendrier qui met en ordre notre travail et notre vie.»

Et la conclusion tirée par l’ethnologue c’est que la reforme a désorganisé toute la vie spirituelle du village, en produisant des ruptures et des drames sans possibilité de réparation.

Voilà de belles et simples paroles, tout comme la vérité l’est, mais les théologues de ces temps-là, comme ceux d’aujourd’hui, les ont dénaturées attelant un peuple entier à ce char apocalyptique, qui porte avec lui le reniement de la foi et l’abomination de la désolation.

«Que tu veuille, ou pas, attèle et va!...»

La terre pétrie avec le sang et la sueur des martyrs

Aujourd’hui tremble et pleure entourée de sbires.

Aujourd’hui les Saints qui aiment le Pays prient douloureusement le Christ

De délivrer d’opprobre notre peuple fidèle et triste.

Oh, Parents au grande âme, pasteurs spirituels,

Montrez-vous encore une foi aux sièges épiscopales!

Saint Ioan Iacob le Roumain

Note:

*Jadis, le blé commençait l’épiage d’en bas, de la racine, et faisait plusieurs épis. Maintenant il en fait un seul au bout de la paille. (n.a.)

A consigné Irina Tone

Article pris du journal „R.D.“, le 6 juillet 1998